Prof. Robert Harmsen is the new holder of the UNESCO Chair in Human Rights at the 91¶ÌÊÓÆ”. He started his mandate with a ceremony on Thursday 28 November at the Cercle CitĂ©, in the presence of His Royal Highness the Grand Duke.
He succeeds , who had been the holder of the Chair since its inception in 2011. The UNESCO Chair in Human Rights promotes an interdisciplinary approach to human rights through teaching, research and public engagement.
joined the 91¶ÌÊÓÆ” in November 2008 as Professor of Political Science and is an expert on the European Convention on Human Rights. He envisions continuity – a 4-year plan for the Chair in line with the past 8 years â while integrating new ideas. In an interview he shares the plan for his mandate in the light of Luxembourgâs privileged position in the global network of institutions defending and protecting human rights:
â91¶ÌÊÓÆ” has a distinctive role as a forumâ
You have contributed to the Chairâs activities since its inception in 2011. What does it mean to take over from Prof. Lehners?
Jean-Paul Lehners was instrumental in founding the University as an institution. He was Vice-President of the Centre Universitaire and the first Vice-Rector for Academic Affairs at the 91¶ÌÊÓÆ”. He is a lifelong passionate advocate for human rights, and thatâs where this Chair originates. It is a tremendous pleasure and honour to be taking over from him.
What lies ahead for the next four years?
Research activities usually reflect the individual interest of the chairholder within the scope of UNESCOâs identified priorities. Prof. Lehners is a historian of human rights. My background is political science, predominantly as a specialist on European integration and public policy. So, the major research focus will be around European cooperation in human rights. I will continue my work on the European Convention on Human Rights, while also developing research on the European Union (EU) as a human rights actor: How does the EU protect and address issues of human rights internally; and how does it project values and rights onto a global stage?
We also want to develop broader interregional comparisons and plan to host a conference that compares the developments in Europe and the Americas, particularly the Inter-American system for the protection of human rights. In this regard, we want to take advantage of our position here in Luxembourg, which is one of Europeâs institutional centres and the seat of the European Court of Justice.
In terms of societal impact, which issues are of particular interest to the wider community?
We are currently engaged with various NGOs, ministries and other actors in the sector to define areas of common interest. One major potential area focuses on human rights in the digital society and what this means in terms of public policy and education for democratic citizenship. Another area, I imagine, will continue to look at business and human rights.
Recently, there has been some discussion around the European Union Fundamental Rights Agency report about issues of discrimination in Luxembourg and other European countries. I believe it is important for the Chair to open up dialogues about what we mean by a multicultural, plural society. What are the notions of discrimination? Weâve already talked to NGOs about how we can contribute with a combination of workshops and discussions surrounding possible policy recommendations.
We want to test the idea whether human rights can feature properly in public policy discourse. 91¶ÌÊÓÆ” has a distinctive role as a forum. We are in the privileged position to bring people together and facilitate meaningful dialogues.
Speeches of the handover ceremony:
Prof. Jean-Paul Lehners, previous holder of the UNESCO Chair in Human Rights
Altesse royale, Excellences, Mesdames et Messieurs, chĂšres et chers collĂšgues, chĂšres et chers ami/es,
Une pĂ©riode importante de ma vie sâachĂšve. Pendant plus de 45 ans jâĂ©tais engagĂ© dans diffĂ©rentes universitĂ©s Ă diffĂ©rents niveaux. Je termine aujourdâhui le 2e mandat de la Chaire UNESCO en droits de lâhomme et je suis heureux de savoir que la Chaire est en de bonnes mains.
La crĂ©ation de la Chaire en 2011 fut pour moi une sorte de testament pour notre UniversitĂ©. Je voulais que la dimension « droits de lâhomme » soit ancrĂ©e pour de bon dans notre institution que jâai aidĂ©e Ă mettre sur pied et dont jâai eu la tĂąche difficile dâassurer lâintĂ©rim entre le dĂ©cĂšs de François Tavenas et la nomination de Rolf Tarrach. Cette universitĂ© pour laquelle jâavais proposĂ© la devise « Une universitĂ© Ă visage humain » continue Ă me tenir Ă cĆur. JâespĂšre quâau-delĂ des sciences appliquĂ©es on nâoubliera pas les sciences fondamentales sur lesquelles les sciences appliquĂ©es doivent se fonder ainsi que les sciences humaines et sociales sans lesquelles le monde reste incomprĂ©hensible et manque dâhumanitĂ© et dâempathie.
Je tiens Ă remercier toutes celles et tous ceux qui mâont soutenu pendant ces deux mandats, les recteurs, doyens, collĂšgues, mais aussi ma famille, ma femme, mes enfants, mes petits enfants dont une est parmi nous ce soir.
Pendant mon deuxiĂšme mandat jâai continuĂ© Ă donner des cours sur les droits de lâhomme et Ă organiser des cycles de confĂ©rences interdisciplinaires. Jâai organisĂ© aussi une confĂ©rence internationale sur le rĂŽle des sciences humaines dans la comprĂ©hension des droits de lâhomme sous le titre de « Human Rights â Describing a Process of Cultural Transformation ». Jâai fait des recherches sur les notions de dignitĂ©, de valeurs, dont les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© publiĂ© dans diffĂ©rents articles. Jâai Ă©ditĂ© avec trois collĂšgues un livre sur « The First Fundamental Rights Documents in Europe » Ă lâoccasion du 800e anniversaire de la Grande Charte. Jâai continuĂ© Ă participer au Master EuropĂ©en en Droits de l’Homme et DĂ©mocratisation, que nous organisons depuis vingt ans Ă Venise avec plus de 40 universitĂ©s de lâUnion europĂ©enne. Jâai Ă©tĂ© invitĂ© Ă donner des confĂ©rences au Luxembourg et Ă lâĂ©tranger, entre autres Ă Poznan, Liverpool, Bilbao, Flensburg, AthĂšnes, Strasbourg, Barcelone, Bonn et Maastricht. Jâai ainsi aidĂ© Ă propager les droits de lâhomme au-delĂ de nos frontiĂšres. Jâai aussi coorganisĂ© des confĂ©rences au Luxembourg, entre autres avec le Haut-Commissaire aux droits de lâhomme des Nations Unies Zeid Raâas Hussein et avec Nadia Mourad Ă lâoccasion de la remise du Prix Sakharov.
Nadia Mourad a par la suite obtenu le prix Nobel de la Paix et a participé au Luxembourg à la conférence « Stand Speak Rise Up. To end sexual violence in fragile environments », conférence organisée par SAR la Grande Duchesse.
Jâarrive Ă la deuxiĂšme partie de mon discours. Etant historien de formation je ne peux mâempĂȘcher de dire quelques mots sur lâhistoire des droits de lâhomme. Je suis et reste convaincu que lâhistoire a son rĂŽle Ă jouer dans la promotion et la dĂ©fense des droits de lâhomme. Elle est le plus grand laboratoire dâidĂ©es, dâexpĂ©riences et de pratiques dans le monde.
Nous distinguons entre une approche large des droits de lâhomme oĂč nous essayons de dĂ©tecter des Ă©lĂ©ments de ces droits, des idĂ©es de libertĂ©, dâĂ©galitĂ©, de solidaritĂ©, dâinclusion, de justice, et une dimension plus Ă©troite, en nous intĂ©ressant Ă la dimension « droits de lâhomme » dans les diffĂ©rents documents lĂ©gaux, et en parlant des droits seulement si le concept est utilisĂ©. Lâhistoire nous sert Ă contextualiser les diffĂ©rentes dĂ©clarations pour mieux les comprendre. La DĂ©claration universelle des droits de lâhomme de 1948 par exemple ne peut se comprendre sans les atrocitĂ©s de la Seconde Guerre mondiale. Lâhistoire aide ensuite Ă prendre position sur un certain nombre de controverses. Jâen mentionne quelques-unes.
La Grande Charte de 1215 en Angleterre est-elle vraiment un prĂ©curseur des droits de lâhomme? Pas directement certes, car elle est Ă voir dans le contexte de la sociĂ©tĂ© fĂ©odale, mais on y trouve des Ă©lĂ©ments dans certains articles.
La charte de Kourokan Fouga rĂ©digĂ©e Ă la mĂȘme pĂ©riode en Afrique, reconnue par lâUNESCO comme faisant partie du patrimoine culturel immatĂ©riel de lâhumanitĂ© nâa-t-elle pas Ă©tĂ© plutĂŽt respectivement Ă©crite et réécrite au 20e siĂšcle et si oui, ne devrait-elle pas ĂȘtre retirĂ©e de la liste ?
Pourquoi est-ce quâon parle tellement des dĂ©clarations des droits de lâhomme et du citoyen pendant la rĂ©volution française en 1789 et pas de la dĂ©claration des droits de la femme et de de la citoyenne rĂ©digĂ©e par Olympe de Gouges deux ans aprĂšs?
Comment est-ce possible que la France et la Grande-Bretagne ont soutenu la DĂ©claration universelle des droits de lâhomme Ă lâONU, mais ont continuĂ© Ă violer certains droits dans leurs colonies ?
Ensuite il faut rĂ©flĂ©chir sur un certain nombre de concepts qui continuent Ă ĂȘtre utilisĂ©s mais ont changĂ© de sens, comme par exemple la notion de famille. Et nous voyons aussi quâĂ cĂŽtĂ© de la notion des droits de lâhomme qui a dominĂ© les relations internationales pendant des dĂ©cennies, de nouveaux concepts apparaissent et deviennent importants, comme la notion dâĂ©galitĂ© sociale.
Comment est-ce possible quâon dĂ©fende les droits de lâhomme et quâen mĂȘme temps on nâait rien Ă redire sur lâinĂ©galitĂ© sociale qui persiste et mĂȘme sâaccroĂźt?
Je passe Ă la troisiĂšme et derniĂšre partie de mon discours. Vous vous demandez peut-ĂȘtre : Que va-t-il faire maintenant ? Rassurez-vous, je ne mâennuie pas.
Je vous mentionne seulement quelques-unes de mes activitĂ©s dans le domaine des droits de lâhomme. Jâai Ă©tĂ© Ă©lu prĂ©sident de la Commission europĂ©enne contre le racisme et lâintolĂ©rance du Conseil de lâEurope, lâECRI, pour un mandat de deux ans. Cette prĂ©sidence mâa donnĂ© lâopportunitĂ© dâĂȘtre Ă la tĂȘte du monitoring des discriminations dans la grande Europe, câest-Ă -dire dans les 47 Etats du Conseil de lâEurope.
Dans le cadre de lâECRI je mâoccuperai ces mois prochains plus particuliĂšrement de la lutte contre lâantisĂ©mitisme. Qui aurait cru quâon doive encore en parler au 21e siĂšcle ?
Je suis ensuite actif dans lâinitiative « Reech eng Hand » qui travaille avec les rĂ©fugiĂ©s au Luxembourg.
En tant que prĂ©sident de la commission Justice et Paix de lâEglise catholique je participe entre autres Ă des campagnes ensemble avec dâautres acteurs de la sociĂ©tĂ© civile, par exemple dans le domaine des droits de lâhomme dans les entreprises. Câest ainsi que nous militons pour que la Chambre des dĂ©putĂ©s adopte une loi sur un devoir de vigilance des entreprises, câest-Ă -dire de lâobligation faite aux entreprises, surtout aux entreprises multinationales, de prĂ©venir les risques sociaux, environnementaux et de gouvernance liĂ©s Ă leurs activitĂ©s.
Nous sommes dâavis quâune telle loi renforcera la candidature du Luxembourg pour le Conseil des droits de lâhomme Ă GenĂšve.
Je peux aussi vous rĂ©vĂ©ler que le cardinal archevĂȘque mâa nommĂ© dĂ©lĂ©guĂ© Ă©piscopal pour la promotion des droits de lâhomme. Durant ces derniĂšres dĂ©cennies lâEglise a certes essayĂ© de faire des progrĂšs, mais il reste un grand chantier Ă rĂ©aliser, surtout quand il sâagit des droits de lâhomme dans cette Eglise, e.a. de lâĂ©galitĂ© entre hommes et femmes.
Je continuerai Ă mâengager pour une rĂ©solution non-violente des conflits et pour lâinterdiction de toutes les armes atomiques.
Au lieu de mâĂ©tendre plus longuement sur ces diffĂ©rentes activitĂ©s, je me suis dit quâil serait peut-ĂȘtre plus intĂ©ressant de partager avec vous quelques expĂ©riences de ces deux derniĂšres semaines.
Lors de la table ronde « Black in Luxembourg » au sujet de la discrimination des personnes de couleur noire, jâai plaidĂ© pour un rĂŽle renforcĂ© dâune de nos institutions dans le domaine des droits de lâhomme, Ă savoir le Centre dâĂ©galitĂ© de traitement (CET). Le CET est loin de remplir les critĂšres que lâECRI a recommandĂ©es aux Etats pour un fonctionnement effectif des organismes de promotion de lâĂ©galitĂ©. Je plaide aussi pur la crĂ©ation dâun Observatoire de toutes les discriminations.
Lors dâune rĂ©union au SĂ©nat français jâai fait une intervention au sujet du
discours de haine sur internet, sujet qui continuera malheureusement Ă nous prĂ©occuper ensemble avec le dĂ©veloppement de lâintelligence artificielle.
Enfin jâĂ©tais la semaine derniĂšre en Jordanie dans le cadre de lâaction humanitaire CARE Luxembourg dont je suis le vice-prĂ©sident et qui a comme prioritĂ© lâ« empowerment » des femmes et des enfants. Nous avons visitĂ© un camp de rĂ©fugiĂ©s installĂ© au milieu du dĂ©sert oĂč 40 mille personnes dont 25 mille enfants attendent une issue Ă leur sort.
Que retenir de ce voyage? Dâun cĂŽtĂ© le dĂ©vouement des bĂ©nĂ©voles, le rire des enfants, les dessins quâils ont rĂ©alisĂ©s pour nous, de lâautre les grillages autour des villages, des fils barbelĂ©s, la mĂ©lancholie dans certains visages, lâincertitude complĂšte.
Ne faudrait-il pas se mettre dans la peau de ces rĂ©fugiĂ©s traumatisĂ©s qui se rĂ©veillent chaque matin sans avoir en vue des perspectives concrĂštes. Serions-nous prĂȘts Ă le faire pour une journĂ©e seulement ?
Je termine avec deux messages. Lâengagement pour la promotion et la dĂ©fense des droits de lâhomme est plus nĂ©cessaire que jamais dans ces temps troubles.
Et cet engagement doit se rĂ©aliser chaque jour, par chaque individu, Ă tous les niveaux. Lâhistoire des droits de lâhomme nâest pas terminĂ©e, elle est un processus qui continue !
Et mĂȘme si je transmets maintenant la chaire UNESCO Ă mon collĂšgue et ami Robert Harmsen, mon enthousiasme pour les droits de lâhomme, pour le respect de la dignitĂ© inhĂ©rente Ă nous toutes et tous continuera aussi longtemps que je serai sur terre.
Merci pour votre attention !
Prof. Robert Harmsen, new holder of the UNESCO Chair in Human Rights
Altesse Royale, Madame la Ministre, chers collĂšgues, chers amis, Mesdames et Messieurs,
Je suis profondĂ©ment honorĂ© et fier dâĂȘtre ici ce soir pour assumer la succession Ă la Chaire UNESCO en droits de lâhomme de mon collĂšgue et mon ami Jean-Paul Lehners. Cher Jim, au cours de mes maintenant plus de dix ans Ă lâUniversitĂ©, jâai Ă©normĂ©ment apprĂ©ciĂ© notre collaboration, notre amitiĂ© et notre complicitĂ© face aux alĂ©as de la vie universitaire. Je ferai tout mon possible pour ĂȘtre Ă la hauteur de la tĂąche et je compte encore sur ton soutien. Comme en tĂ©moigne ton discours ce soir, mĂȘme si on marque ta retraite de lâUniversitĂ©, jâen suis certain que tu ne te retiras jamais des combats pour les droits de lâhomme.
Dans les quatre ans Ă venir, les activitĂ©s de la Chaire vont continuer de sâarticuler autour des trois axes concernant respectivement la recherche, lâĂ©ducation et lâengagement public. Ceci reflĂšte clairement la vocation distinctive de lâUniversitĂ© en tant quâinstitution, aussi bien que la mission spĂ©cifique de notre UniversitĂ©. La vocation de lâUniversitĂ©, en tant quâinstitution vouĂ©e Ă la cultivation de lâesprit critique – et qui a donc dans son ADN aussi un esprit, voir un devoir dâautocritique. La mission de notre UniversitĂ©, qui par sa place dans le paysage national doit assumer un important rĂŽle sociĂ©tal pour promouvoir des dialogues et accompagner le pays dans son Ă©volution.
Les activitĂ©s de recherche de la Chaire vont se focaliser sur les institutions et les rĂ©gimes de coopĂ©ration rĂ©gionale pour la protection des droits de lâhomme. Une bonne partie de ses travaux vont certainement se concentrer sur notre situation ici en Europe, en regardant les politiques et les pratiques de lâUnion europĂ©enne, aussi bien que le systĂšme qui sâest institutionnalisĂ© dans le contexte du Conseil de lâEurope et ses 47 membres autour de la Convention europĂ©enne des droits de lâhomme. Ceci sera dĂ©veloppĂ© en Ă©troite collaboration avec mes collĂšgues de lâInitiative Robert Schuman pour les Affaires europĂ©ennes, en profitant pleinement de notre situation ici au Luxembourg comme un des centres institutionnels de lâUE. A partir de cette base europĂ©enne, il y aura aussi un Ă©lĂ©ment comparatif, pour porter nos regards plus loin et regarder les autres expĂ©riences rĂ©gionales â aux AmĂ©riques, en Asie, en Afrique et ailleurs â dans un esprit dâapprentissage rĂ©ciproque.
La dimension Ă©ducative concerne dâabord Ă lâintĂ©rieur de lâUniversitĂ© nos diffĂ©rents enseignements en relation avec les droits de lâhomme : les cours que nous offrons et que nous dĂ©velopperons dans nos diffĂ©rentes disciplines â la science politique, lâhistoire, la philosophie, le droit et autres â aussi bien que des enseignements interdisciplinaires, qui permettent dâaborder des questions de sociĂ©tĂ© liĂ©es aux bouleversements technologiques. En dehors de nos murs, je compte aussi continuer le travail de mon prĂ©dĂ©cesseur pour dĂ©velopper et promouvoir lâĂ©ducation aux droits de lâhomme dans lâĂ©ducation formelle (le systĂšme scolaire), aussi bien quâen relation avec les possibilitĂ©s qui sâoffrent pour des formations continues dans diffĂ©rents contextes.
Dans cette mission Ă©ducative, je mâinspire particuliĂšrement des travaux rĂ©cents du Conseil de lâEurope sur lâĂ©ducation Ă la citoyennetĂ© dĂ©mocratique qui dĂ©taillent un cadre des compĂ©tences nĂ©cessaires Ă lâĂšre numĂ©rique pour former des citoyens engagĂ©s, responsables et empathiques. MĂȘme en Ă©tant suffisamment vieux jeu pour vouloir encore aussi valoriser des connaissances, jâinsiste sur cette dimension des compĂ©tences parce quâil sâagit impĂ©rativement dâĂ©quiper les nouvelles gĂ©nĂ©rations avec les outils nĂ©cessaires, non seulement pour faire face Ă des formes de dĂ©sinformation grandissante, mais aussi de leur donner les moyens de ne pas se laisser enfermer dans des bulles de filtre oĂč on ne voit que le reflet de ses propres opinions â et donc par le biais de lâĂ©ducation de maintenir lâesprit dâouverture qui est Ă la source dâune vĂ©ritable culture dĂ©mocratique.
Aussi dans le droit fil de mon prĂ©dĂ©cesseur, nous allons continuer de dĂ©velopper la Chaire UNESCO comme une plaque tournante pour des dĂ©bats et des discussions autour des questions des droits de lâhomme dans le pays. Il est essentiel que lâUniversitĂ© joue son rĂŽle comme un forum, Ă lâĂ©chelle nationale aussi bien quâinternationale, qui permet de crĂ©er des espaces de dialogue, de croisement et de comprĂ©hension. JâespĂšre que nous puissions aussi mettre nos expertises au service de la communautĂ© nationale pour traduire ces dĂ©bats en des termes capables dâinformer les politiques publiques. Jâai dĂ©jĂ commencĂ© des discussions avec des ONG, des ministĂšres et dâautres institutions et acteurs dans le secteur pour dĂ©finir des collaborations. Je suis trĂšs heureux de voir tant de reprĂ©sentants de ces diffĂ©rentes instances dans la salle avec nous ce soir et je me ferai un plaisir dâaller Ă votre rencontre dans les prochaines semaines pour parler des projets communs.
Allow me, given our rather international audience this evening, to switch to my mother tongue for a few concluding remarks about the wider contemporary situation of human rights and democracy. We have just marked thirty years since the fall of the Berlin Wall. For those of us of a certain age this has reminded us â perhaps first of all that we are of a certain age â but also of those extraordinarily heady days three decades ago when a seemingly immutable geopolitical order collapsed with stunning rapidity and allowed for a flourishing of hope as to a different and better future. Where are we thirty years on?
It is fair to say that we have not witnessed âthe end of historyâ, to invoke an often cited and often misunderstood phrase coined by Francis Fukuyama at the time. The aspirations born of that time of extraordinary firmament have perhaps inevitably met with their share of disappointments. Yet, there is also, to use the title of a recent influential study of international human rights, âevidence of hopeâ, and perhaps even more the means to be hopeful.
Let us first be clear about the seriousness of our situation. The rule of law, which we had perhaps complacently taken to be an âacquisâ in Europe, is under threat in parts of our continent. Both judicial independence and academic freedom have come under attack in EU and Council of Europe member states. We have witnessed the propagation of the invidious oxymoron of an âilliberal democracyâ. Long established democracies on both sides of the Atlantic have shown worrying signs, whatever oneâs beliefs about specific issues, of significant systemic dysfunction. This has been marked particularly by a growing polarisation and the occasionally dramatic reduction of the space for reasoned and reasonable civic dialogue.
Relative to this, it is important to understand the role of fundamental rights. As my compatriot Michael Ignatieff has argued, rights should not be seen as âtrumpsâ â cards to be played in a manner that forecloses dialogue, that stops discussion. It is a respect for fundamental rights that permits democratic dialogue to take place â to allow for the vigorous discussion of different points of view and the pursuit of different visions of âthe good lifeâ in a climate of respect and tolerance. Rights, in this sense, must not be viewed simply as âclaimsâ, but rather as both deriving from and cultivating a sense of empathy â of an understanding for the situation of âthe otherâ and with it the hope that we may define shared spaces that allow for both the respectful airing of differences and the fostering of a community of destiny.
In keeping with the values represented by UNESCO and the objectives of the Unitwin programme under which this Chair has been accorded, I can only hope that the activities of our UNESCO Chair will positively play their own inevitably small part in addressing these broad contemporary challenges. And, I do very much hope that I will be able to do so while demonstrating the passion, the empathy, and the good humour of my predecessor.
Prof. Georg Mein, Dean of the Faculty of Language and Literature, Humanities, Arts and Education
Votre Altesse-Royale, Madame la Ministre, Excellence, Madame la DeputĂ©, Monsieur le PrĂ©sident de Conseil de Gouvernance de lâUniversitĂ© du Luxembourg, Monsieur le Recteur, Monsieur le Recteur emĂ©rite, chers Professeurs Jean-Paul Lehners et Robert Harmsen, chĂšres CollĂšgues, chĂšres Ătudiantes, Mesdames et Messieurs,
Es ist mir eine ganz besondere Freude und Ehre, Sie heute hier anlĂ€sslich der Erneuerung des UNESCO-Chairs in Human Rights willkommen zu heiĂen. Der Chair wurde 2011 an der FakultĂ€t fĂŒr Sprachwissenschaften und Literatur, Geisteswissenschaften, Kunst und Erziehungswissenschaften der UniversitĂ€t Luxemburg eingerichtet und befasst sich in Lehre und Forschung mit den zentralen Themen und Herausforderungen im Kontext der Menschenrechte. Ich bedanke mich bei der UNESCO fĂŒr die Förderung und das in uns gesetzte Vertrauen in den vergangenen Jahren und ganz besonders natĂŒrlich fĂŒr die erneute Einrichtung des UNESCO-Chairs an der UniversitĂ€t Luxemburg.
Ein wichtiges Ziel des UNESCO-Chairs ist es, die verschiedenen Akteure aus Wissenschaft und Politik, aus der Wirtschaft und der Zivilgesellschaft, aus dem privaten wie dem öffentlichen Sektor zusammenzubringen und fĂŒr das zentrale Thema der Menschenrechte zu sensibilisieren. In dieser Hinsicht hat der erste Chairholder Prof. Jean-Paul Lehners herausragende Arbeit geleistet. Er hat die AktivitĂ€ten des UNESCO-Chairs in Forschung und Lehre konsequent interdisziplinĂ€r aufgebaut und Kollegen aus allen FakultĂ€ten und Zentren der UniversitĂ€t mit einbezogen. DarĂŒber hinaus hat Professor Lehners den UNESCO-Chair eng mit allen relevanten Partnern und Institutionen in Luxemburg verbunden und in den letzten acht Jahren ein beeindruckendes internationales Netzwerk aufgebaut. Die konsequent internationale Ausrichtung des UNESCO-Chairs spiegelt dabei eine der Grundmaximen der UNESCO-Charta wider: Menschenrechte dĂŒrfen nicht an nationalen Grenzen enden.
Dank des Engagements von Jean-Paul Lehners und der zahlreichen AktivitĂ€ten und Initiativen in Lehre, Forschung und Ăffentlichkeit erhielt das Thema Menschenrechte seit der Einrichtung des Chairs in Human Rights nicht nur innerhalb der UniversitĂ€t Luxemburg, sondern in ganz Luxemburg erheblich mehr Aufmerksamkeit. Ich möchte die Gelegenheit heute wahrnehmen, um Dir, lieber Jim, fĂŒr Deinen Einsatz, Deine Energie, Deine Leidenschaft und fĂŒr alles, was Du als UNESCO-Chair in den letzten acht Jahren aufgebaut hast, ganz herzlich zu danken.
Mit der Ăbergabe des UNESCO-Chairs verabschiedest Du Dich nun auch endgĂŒltig von der UniversitĂ€t Luxemburg, die Du von Anfang an auf verschiedenen Posten mitgestaltet hast. Als Historiker blickst Du auf eine Ă€uĂerst erfolgreiche Karriere als Forscher zurĂŒck, was durch Deine zahlreichen Publikationen und Forschungsprojekte belegt wird. DarĂŒber hinaus bist Du auch als Lehrender bei Deinen Studenten unglaublich beliebt. Der Kirchenvater Augustinus hat einmal gesagt: In Dir muss brennen, was Du in anderen entzĂŒnden willst. Und wer Dich kennt, lieber Jim, der weiĂ auch um Deine Begeisterung und das Engagement fĂŒr das, was Du unterrichtest. Ich hoffe sehr, lieber Jim, dass Du der UniversitĂ€t Luxemburg auch in Deinem wohlverdienten Ruhestand weiterhin verbunden bleiben wirst und ich möchte mich im Namen der FakultĂ€t und der gesamten UniversitĂ€t fĂŒr all das bedanken, was Du fĂŒr das Fach Geschichte, fĂŒr die Thematik der Menschenrechte, fĂŒr die FakultĂ€t und fĂŒr die gesamte UniversitĂ€t seit ihrer GrĂŒndung geleistet hast.
Bis vor einigen Jahren hatte das Nachdenken ĂŒber die Menschenrechte hier in Europa etwas sehr Theoretisches an sich. Man befasste sich mit Problemen, die in der EuropĂ€ischen Union als im Grunde gelöst angesehen wurden. Die EuropĂ€ische Gemeinschaft hat sich seit ihrer GrĂŒndung immer als eine Gemeinschaft verstanden, die sich dem Geist der AufklĂ€rung verpflichtet fĂŒhlt und deren deliberatives DemokratieverstĂ€ndnis die Frage der Menschenrechte ein fĂŒr alle Mal gelöst zu haben schien. Wenn man in Europa ĂŒber die Menschenrechte nachdachte, dann sprach man im Grunde ĂŒber die Probleme anderer LĂ€nder. Man war â und ist immer noch â empört ĂŒber die Situation in Nordkorea, war entsetzt ĂŒber den Völkermord in Ruanda oder ĂŒber die unhaltbare Situation im Iran. All dies aber war auf eine gewisse und beruhigende Weise weit weg und damit letztlich abstrakt â es gehörte nicht zur inneren Problemkonstellation der westlichen Zivilisation.
Europa selbst hat sich immer und zu Recht als Hort und HĂŒterin der Menschenrechte begriffen. Wenn ĂŒberhaupt etwas als absoluter Grundkonsens aller europĂ€ischen Mitgliedsstaaten angesehen werden kann, dann ist es, dass die MenschenwĂŒrde hier in Europa unantastbar ist. Die Konvention zum Schutz der Menschenrechte und Grundfreiheiten wurde 1950 in Rom unterzeichnet, und der 1959 gegrĂŒndete EuropĂ€ische Gerichtshof fĂŒr Menschenrechte in StraĂburg ĂŒberwacht ihre Umsetzung. Seit 2009 ist auch die Charta der Grundrechte der EuropĂ€ischen Union in Kraft, die in sechs Titeln MenschenwĂŒrde, Freiheit, Gleichheit, SolidaritĂ€t sowie BĂŒrger- und Justizrechte in einem einzigen Dokument zusammenfasst. Die Frage der Menschenrechte in Europa scheint somit vollstĂ€ndig geklĂ€rt und gesichert zu sein.
Die Entwicklungen der letzten Jahre haben uns jedoch auf dramatische Weise gezeigt, dass die Frage der Menschenrechte im europĂ€ischen Raum doch noch sehr kontrovers diskutiert werden kann. Es besteht sicherlich Einigkeit darĂŒber, dass die Menschenrechte fĂŒr alle BĂŒrger Europas gelten mĂŒssen, aber wie können wir sicherstellen, dass sie wirklich auch fĂŒr diejenigen uneingeschrĂ€nkt gelten, die zu uns kommen? Die sogenannte FlĂŒchtlingskrise hat uns erneut das fundamentale Problem vor Augen gefĂŒhrt, wie man die Menschenrechte letztlich universell begrĂŒnden kann. Die Philosophin Hannah Arendt hat diese Frage angesichts des MassenphĂ€nomens der Staatenlosigkeit nach dem Ersten Weltkrieg analysiert. Die prekĂ€re Situation des FlĂŒchtlings liegt ihres Erachtens nĂ€mlich darin, dass er als Staatenloser auf keine politische Instanz mehr rekurrieren kann, die seine Rechte garantiert. Sobald der Staat das Recht seiner BĂŒrger nicht schĂŒtzt bzw. ihm sogar die StaatsbĂŒrgerschaft entzieht, werden die Menschen in einem System souverĂ€ner Nationalstaaten aus allen rechtlichen BezĂŒgen herausgeschleudert. Wenn sich aber kein Staat mehr fĂŒr ihre Rechte einsetzt, bleiben nur noch transnationale Institutionen wie die UNO und die UNESCO oder nichtstaatliche Hilfsorganisationen.
Wenn man die öffentlichen und politischen Debatten ĂŒber Migration in Europa oder den USA in den vergangen Jahren verfolgt hat, wenn man beobachtet, auf welche Weise populistische Parteien mit kalkulierter Rhetorik hier Ăngste schĂŒren und versuchen im Namen der eigenen Nation fremde Kulturen zu stigmatisieren, dann wird deutlich, dass die Menschenrechte in diesen Debatten kaum eine Rolle spielen. Umso wichtiger ist es daher, dass diese Rechte wieder in den Vordergrund gerĂŒckt werden, dass man deutlich macht, dass hinter jedem einzelnen FlĂŒchtling ein menschliches Schicksal steht. Und vor allem muss es darum gehen zu begreifen, dass HumanitĂ€t alleine nicht ausreicht, um die Lage dieser Menschen zu verbessern, und zwar allein deshalb nicht, weil die FĂ€higkeit und Bereitschaft, sein GegenĂŒber als moralische Person anzuerkennen, nicht bei allen Menschen gleichermaĂen vorausgesetzt werden kann.
Deshalb ist es so wichtig, dass man auf dem Rechtsstatus der Menschenrechte insistiert. Menschenrechte sind kein moralisches ZugestĂ€ndnis, kein humanitĂ€res Gnadenzeugnis â nein, sie sind Rechte, die dem Individuum zukommen, ohne dass sie von jemandem zugestanden werden mĂŒssen. Menschenrechte werden nicht verliehen und können deshalb auch nicht entzogen werden. Die fundamentalste Bedeutung der Menschenrechte ist also das âRecht auf Rechteâ â und dieses Recht auf Rechte muss von einer politischen Gemeinschaft garantiert und institutionalisiert werden.
Ich freue mich, dass der Chair in Human Rights zur Erforschung und fĂŒr die Sensibilisierung dieser und weiterer Fragestellung seit Jahren einen wichtigen Beitrag leistet und mit der Ăbergabe des Chairs an Professor Robert Harmsen auch weiterhin leisten wird. So gehört zu den geplanten AktivitĂ€ten des neuen Chairinhabers unter anderem eine vertiefte Analyse des VerhĂ€ltnisses zwischen Gerichten und Gesetzgebern beim Schutz und der Förderung der Grundrechte. Meine FakultĂ€t wird â wie auch schon in der Vergangenheit â die AktivitĂ€ten des Chairs in Human Rights aktiv unterstĂŒtzen und ich freue mich sehr auf die Zusammenarbeit mit Prof. Harmsen, auf viele spannende Veranstaltungen und Debatten und hoffe sehr, dass es uns gelingen wird, einen Beitrag zur StĂ€rkung und universellen Durchsetzung der Menschenrechte zu leisten.
Ăberall dort nĂ€mlich, wo Bedeutung festgeschrieben, die Wahrheit gepachtet, die Meinungen verkĂŒrzt, der Diskurs beschnitten und das Fremde ausgegrenzt wird, ĂŒberall dort, wo mit Absolutheitsanspruch im Namen einer Tradition, einer Religion, einer Nation, im Namen eines FĂŒhrers, einer Rasse oder eines Geschlechts gesprochen wird â ĂŒberall dort also, wo aus ideologischen GrĂŒnden die Stimme des Anderen beschnitten, verzerrt und zum Verstummen gebracht wird, ĂŒberall dort bedarf es einer Instanz, die Einspruch gebietet und dem Recht auf Rechte eines jeden Einzelnen Gehör verschafft.
Ich danke Ihnen fĂŒr Ihre Aufmerksamkeit.
91¶ÌÊÓÆ” the Chair
promotes an interdisciplinary approach to human rights through teaching, research and public involvement. Teaching activities will include a Masterâs level course on âThe International and European Systems for the Protection of Human Rightsâ and a Bachelorâs level interdisciplinary seminar on human rights. Research projects will focus on the European Union as a human rights actor and âFundamental Rights, Courts and Policy Process.â Publicly, the Chair will continue to organise with lecture series and move towards developing a National Forum on Human Rights and Public Policy.